CONSTRUCTION DE L’IMMEUBLE DE CHEIKH SIDY LAMINE KOUNTA
Quand les « djinns » participent à la construction de l’édifice L’immeuble historique a été construit à Ndiassane entre les années 45‑50 par Cheikh Sidy Lamine Kounta, deuxième Khalife de Cheikh Bou Mohamed Kounta, fondateur de Ndiassane. À Ndiassane, on révèle que des « djinns » ont même participé à la construction de l’édifice et continuent d’y habiter à côté des humains. Aujourd’hui, des pans du bâtiment menacent ruine, sous le regard impuissant des occupants stoïques. Par Souleymane Diam SY et Souleymane WANE Fondé par Cheikh Bou Mohamed Kounta, Ndiassane est un lieu de pèlerinage pour la communauté Qâdiriyya, notamment les « Ahloul Kountiyou ». Elle accueille des milliers de fidèles du pays et d’ailleurs lors de la célébration du huitième jour (le baptême) de la naissance du Prophète de l’Islam (Psl). À Ndiassane, l’immeuble construit, entre 1945‑1950, par Cheikh Sidy Lamine Kounta, fils et deuxième khalife du fondateur de la cité religieuse, attire la curiosité eu égard à son architecture et à sa dimension imposante. Il tient encore malgré le poids de l’âge. Même si des pans de cette œuvre gigantesque menacent ruine. Cet édifice n’est point le fruit d’une réflexion d’un architecte ou moins d’un maçon qualifié. Il a été pensé et conçu architecturalement par son promoteur. Ce dernier a confié la réalisation à ses disciples originaires du Mali et d’autres pays de la sous‑région. Le mardi 19 août 2025, Abdou Khadre Kounta, enseignant à l’Institut Franco‑arabe de Ndiassane, par ailleurs petit‑fils de Sidy Lamine Kounta, nous y a gratifiés d’une visite guidée. Connu sous le nom de « Étag » ba ca Ndiassane, l’immeuble a été construit par Cheikh Sidy Lamine Bou Kounta, alors Khalife général de Ndiassane. Grand cultivateur, son rêve était de réaliser un immeuble de huit étages. Le dessein en va voulu autrement. Il est décédé en 1973, à l’âge de 90 ans, en laissant derrière lui une Bâtisse de trois étages avec 313 pièces. « Un chiffre mystique », selon Abdou Khadre Kounta, précisant que la construction de l’immeuble n’a pas obéi à aucun schéma architectural. Il a été imaginé et pensé par le saint homme. « Lors de la construction, il dessinait, chaque jour, un plan sur le sol et le proposait à ses fidèles maliens et aux autres de la sous‑région pour la mise en œuvre », révèle son petit‑fils. Il souligne aussi que l’immeuble a été érigé à l’endroit qui abritait la case du fondateur de Ndiassane. Lors de la construction du bâtiment, un phénomène paraissant mystique se produisit, d’après le descendant de Cheikh Sidy Lamine Kounta. Quand ses talibés terminaient leur journée de travail, ils constataient, le lendemain, que le chantier avait progressé d’un cran. Interpellant leur guide religieux sur ce fait, il leur expliqua qu’il avait des talibés « djinns » qui prennent le relais la nuit. À en croire Abdou Khadre Kounta, depuis lors, des êtres humains et des « djinns » cohabitent dans cet immeuble. « La nuit, nous qui habitons dans l’immeuble, sentons leur présence. Mais, nous sommes habitués ; nous n’avons pas peur. Ce sont nos voisins », indique‑t‑il, serein. Selon lui, si des hôtes passent la nuit dans l’immeuble, ils ressentent effectivement la présence de ces êtres. Cinquante‑deux ans après la disparition de son initiateur, la bâtisse imposante de Sidy Lamine Kounta, affectueusement appelée « Taawa Ndiassane », l’Aîné de Ndiassane (c’est le premier fils de Cheikh Bou Mohamed Kounta né à Ndiassane), menace ruine. Depuis lors, aucun projet de réfection n’a été initié dans ce sens, alors que des pans du bâtiment sont en état de délabrement très avancé. Le troisième étage n’offre plus de garanties de sécurité aux occupants. Malgré tout, la descendance de Cheikh Sidy Lamine Kounta continue d’y résider. Sans souci. « Nous ne craignons rien. Nous sommes convaincus qu’il y a une force mystique qui fait que l’immeuble tient toujours. Aucune pierre n’est jamais tombée sur notre descendance », assure M. Kounta. Accueillir des hôtes D’après lui, leur grand‑père voulait construire un immeuble pour servir de logement pour les hôtes de Ndiassane à l’occasion de la célébration du Gamou. Il était parti d’un constat que, lors de cet événement religieux, Ndiassane, à l’époque une bourgade, était trop étroit pour accueillir et loger ses hôtes. À ses yeux, l’alternative c’était de réaliser cette imposante bâtisse qui abritait même des salles de conférences, des lieux de rencontre. « Il voulait être indépendant vis‑à‑vis des pouvoirs publics », révèle son arrière‑petit‑fils. Dans le même sillage, il disposait d’un groupe électrogène pour la fourniture en électricité à la cité religieuse ainsi que d’un château d’eau pour la distribution du liquide précieux. Pour Abdou Khadre Kounta, on ne peut parler de Ndiassane sans évoquer cet immeuble qui fait partie de son patrimoine. À ce titre, ils ont fait, dit‑il, un plaidoyer pour que l’immeuble soit enregistré et inscrit au patrimoine national et à celui de l’Unesco. Selon notre guide, les démarches initiées dans ce sens n’ont pas été concluantes. Avant de quitter le pouvoir, le président Macky Sall avait promis de le réfectionner. Mais, c’était trop tard. Sidy Lamine Kounta intervenait aussi dans le social. Il distribuait des vivres à toute la population de Ndiassane et à d’autres personnes. Contemporain de Serigne Babacar Sy, Elhadji Abdou Aziz Sy Dabakh, Serigne Fallou Mbacké, etc., il entretenait d’excellents rapports avec eux et avec tous les foyers religieux du pays d’ailleurs. Son édifice renferme plusieurs d’histoires aussi riches que variées, mais également pleins d’enseignements. De grandes personnalités politiques et religieuses y ont été accueillies.
1/23/20261 min read
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